Edorel Gatline n'était jamais venu en Scanthéloisie-Helvétia. Voila qui était une première pour lui ainsi que ça petite famille. Cela avait commencé il y a quelques jours à Caztelmore, son fief qui subissait comme le reste des Zorcades une vague de chaleur particulièrement importante. Certes il a toujours fait chaud aux Zorcades mais là c'était du jamais vue. A tel point que le Comte s'était réfugié dans les caves de son château. Et même là, malgré l'épaisseur des murs et la profondeur des caves, la chaleur se faisait sentir. Heureusement que madame la Comtesse avait suggéré de retourner vivre au Maz Gatline résidence secondaire du Comte et exploitation fermière à l'est des Zorcades d’où l'on pouvait rejoindre la mer et faire trempette en moins de cinq minutes.
C'est dans la fraicheur des eaux turquoises du Golfe d'Angmar que l'idée de partir en voyage au nord (c'est à dire au frais) avait germé dans le cerveau de l'ex-Feld-Maréchal du Zollernberg. Une croisière de Port-Zaïd jusqu'à Gornograd en Russlavie fera le plus grand bien à tous. Et Aarosia marquait le premier arrêt. Gatline avait louer un yatch à Zozolulu pour une somme modique (du point de vue d'un noble fortuné). Un fameux trois mat de quatre-cents tonneaux dont l'allure délicieusement retro ne passera certainement pas inaperçue dans la rade de la capitale confédérale. Une fois tout le monde à bord et le continent nord traversé par le canal du Zilver donnant sur le Golfe de Locquetas, le choc thermique fut passé sans problème et le navire fit cap sur la CSH.
Le yatch entra dans le port peu avant midi et Edorel mit pied à terre une fois le navire à quai pour s'occuper des formalités administratives. Ce qu'il y a de bien avec les gens de la petite noblesse zollernoise c'est qu'ils ont encore un peu de dignité pour faire ces choses là par eux-même. La douane était ouverte et il n'y avait pas foule devant le guichet. Edorel qui n'avait pas vraiment l'air d'un haut dignitaire zollernois (il avait enfilé une petite laine en ayant senti le climat local particulièrement rafraichissant), s'approcha et interpella le fonctionnaire.
<<Bonjour, je viens pour un visa touristique.>>

